Echafauder pour transmettre

Nos contemporains se plaignent de la morosité ambiante des villes, des immeubles sans caractère, des cités anonymes, des zones commerciales et industrielles sinistres, des façades tristes, des murs borgnes…

Échafaudage des Noirettes
Échafaudage des Noirettes

Les décideurs ont souvent réagi à ce chaos par une rigueur puritaine visant à donner une impression de propreté et d’ordre. L’uniformité tient lieu de style, alors que ce n’est qu’un principe hygiéniste.

C’est oublier que dans les cités bariolées de l’Antiquité, la polychromie était présente sur les murs décorés des maisons et des palais. Dessins et couleurs permettaient de créer une atmosphère variée et plus vivante.

D’ailleurs, tout au long de l’histoire de l’humanité et sur tous les continents, les grandes civilisations ont interprété, et peint leur environnement pour marquer leur identité et transmettre leurs mémoires.

À l’image des traces pariétales des grottes ornées, des hiéroglyphes égyptiens, des fresques de Pompéi, ou des pyramides aztèques, ou encore de celles de la Renaissance italienne… Comme, plus récemment, les peintures sur le mur de Berlin, ou au Mexique autour de Diego Rivera… Et aujourd’hui, avec les muralistes latinos en Californie, les fresquistes de Philadelphie, ceux de Lyon, ou les Warlis en Inde…

Les graffeurs ont commencé à ruer dans les brancards de la grisaille des villes. Mais à présent, il faut dépasser cette étape première : instituer un véritable art urbain de la décoration. C’est-à-dire en faire un métier, celui de peintre muraliste urbain. Lui donner un cadre, former des professionnels « haut de gamme » dans cette nouvelle compétence d’embellissement des villes. Tel est le but d’ÉCohlCité.

La naissance de cette école, aujourd’hui, n’est pas un hasard. L’entreprise CitéCréation a trente-trois ans d’existence et l’École Émile Cohl n’en est pas loin. Leurs expériences dans la création, l’élaboration et la transmission des connaissances de l’art mural monumental urbain ont été longuement et internationalement éprouvées. Ces deux structures, à l’origine du projet ÉCohlCité, ont ferraillé dur, depuis longtemps, pour démontrer, par leurs oeuvres et leur enseignement, que des voies, autres que celle de l’art officiel, pouvaient s’ouvrir pour le plus grand bien des habitants, des familles, des jeunes et de la culture pour tous.

ÉCohlCité rajoute sa part dans l’aventure humaine de la décoration et de l’embellissement des villes.

Gilbert Coudène
Co-fondateur & co-directeur
de l’entreprise CitéCréation
Philippe Rivière
Fondateur & directeur
de l’École Émile Cohl
Co-directeurs d’ÉCohlCité